Origine de la démarche de candidature
Le territoire repéré comme susceptible de constituer le Pays
« Ardèche Méridionale » se caractérise par
la superposition de plusieurs procédures globales de développement
(Parc Naturel Régional, Contrats Globaux de Développement, Programme
Leader +), auxquelles s’ajoutent toute une série de dispositifs
thématiques (Pôle d’Economie du Patrimoine, Contrats de
Rivière, Opérations Rurales Collectives, Réserve Naturelle,
Programme Local de Gestion de l’Espace, OPAH, ...). Plusieurs «
espaces de projets », possédant chacun sa propre logique d’organisation,
partagent ainsi la même assise géographique.
Sous l’impulsion de la Région Rhône-Alpes, le dispositif
« Contrat Global de Développement »
a néanmoins servi de base de lancement privilégiée pour
faire naître une véritable
« communauté de projets » à l’échelle
du bassin de vie.
C’est dans ce contexte que trois contrats ont pris forme quasi
simultanément dans la partie Sud du Département de
l’Ardèche :
Le Contrat Global des Monts et du Val d’Ardèche
(86 communes) qui, correspondant au bassin amont de l’Ardèche,
fait la jonction entre la Haute-Loire à l’ouest et la moyenne
Vallée du Rhône à l’est ;
Le Contrat Global de l’Ardèche Méridionale
(62 communes) qui, borné au sud par le Gard, s’étire
des Gorges de l’Ardèche à l’est, au département
de la Lozère à l’ouest.
Le Contrat Global de l’Ardèche Rhodanienne
Méridionale (28 communes) qui, orienté nord-sud, s’étire
le long de la façade « Vallée du Rhône » entre
la vallée de l’Ouvèze et le Gard.
Aboutissement d’un travail de réflexion collective qui a mobilisé,
pendant près de trois ans, plus de 500 intervenants différents,
tous trois ont d’ailleurs été agréés par
la Région Rhône-Alpes entre 1999 et 2000. Ces votes apportent
ainsi la preuve, qu’avec leurs visions / ressources respectives, les
élus des trois Contrats ont su construire, chacun à leur manière,
un véritable partenariat de projets.
Bien que structurés distinctement, les trois contrats globaux partagent
toutefois un socle territorial commun : complexité
géographique (entrecoupement par de multiples vallées), tendances
socio-économiques similaires, enjeux de développement comparables,
appartenance identitaire commune (ancienne province du Bas Vivarais), difficultés
d’accessibilité / mobilité interne pour la partie intérieure
du territoire, effet polarisant de l’agglomération d’Aubenas,
interrelations bourgs centres / arrière-pays, influence « au
quotidien » des départements limitrophes (Drôme, Gard,
Lozère, Haute-Loire).
D’un point de vue opérationnel, la réflexion conduite
en phase préparatoire des contrats globaux a parallèlement révélé
la nécessité, pour mener à bien des opérations
complexes et / ou d’envergure, de
faire masse à l’échelle du territoire «
Ardèche Méridionale ».
Les échanges et travaux conjoints ont ainsi débouché
sur plusieurs chantiers de coopération. La conduite
d’une étude de repositionnement stratégique de l’ensemble
de la filière arboricole du Sud Ardèche (elle même prolongée
par la mise en œuvre d’un plan d’actions commun), l’appui
à la montée en qualité / notoriété du vignoble
sud ardéchois ainsi que la mise aux normes européennes de l’abattoir
d’Aubenas en sont l’illustration agricole. Cette communauté
d’intérêt s’est encore exprimée avec plus
de force en matière de développement commercial, artisanal et
industriel.
Faisant écho à la géographie actuelle des flux économiques
et à la nécessité d’atteindre une masse critique
suffisante, l’audit industriel conduit en phase préparatoire
a en effet amené l’élaboration, dans un premier temps,
d’un programme d’actions commun à l’échelle
des CGD « Monts et Val d’Ardèche » et « Ardèche
Méridionale ». Ce dernier s’est d’ores et déjà
concrétisé par :
La mise en place d’une plateforme d’initiative locale,
Ardèche Sud Initiative ;
La réalisation d’un schéma de cohérence du foncier
d’activités ;
Le lancement d’une étude préalable à la création
d’une pépinière d’entreprises dimensionnée
« Sud Ardèche » ;
Le recrutement d’un animateur économique chargé à
la fois de l’animation de la plate-forme et de la mise en œuvre
/ suivi du volet économique ;
La mise sur pied d’un fichier unique de l’immobilier d’entreprise
(plate-forme « intranet »).
Ces actions ont depuis été relayées sur la partie «
Vallée du Rhône », avec un dimensionnement géographique
certes différents (Ardèche Centre Initiative couvre également
le CGD « Vallée de l’Eyrieux »), mais en écho
à des besoins / préoccupations similaires.
Du point de vue touristique, la structuration de l’offre «
Chauvet - Gorges de l’Ardèche » appelle, au delà
des partenariats ponctuels existants, une mise en commun / complémentarité
de toutes les initiatives privées et publiques en la matière.
L’onde de développement « Chauvet » doit ainsi pouvoir
se propager à l’ensemble du territoire. Cette recherche de labellisation
territoriale déborde d’ailleurs le seul champ touristique pour
intégrer l’ensemble des fonctions économique, environnementale,
culturelle et sociale du bassin de vie.
Capitalisant sur les coopérations actuelles et s’appuyant sur
les dynamiques émergentes (Chauvet, Charte « Moyenne Vallée
du Rhône », SCOT en préparation), il nous paraît
ainsi opportun d’approfondir la réflexion stratégique
à l’échelle du bassin de vie et de renforcer la mise en
commun des énergies / ressources / projets.
La volonté de raisonner le développement durable du territoire
à cette échelle, tout en demeurant ancrés sur leurs milieux
de vie respective, conduit ainsi les élus des 3 CGD à positionner
une candidature unique à un périmètre d’étude
« Pays de l’Ardèche Méridionale ».
Cette démarche s’inscrit par ailleurs dans une logique
d’articulation avec le Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche,
créé en 2001. Le principe de clarification des attributions,
énoncé clairement dans la Loi d’Orientation pour l’Aménagement
et le Développement Durable du Territoire du 25 juin 1999, constituera
d’ailleurs l’un des fondements de la mise en place du futur Pays
« Sud Ardèche ». Au delà des exigences légales,
il s’agira de placer le respect des dynamiques socioéconomiques,
culturelles, environnementales et patrimoniales propres au Parc au cœur
du processus d’élaboration de la charte.
Par cette candidature, il s’agit donc de fédérer
l’ensemble des dynamiques de développement existantes, avec leurs
vocations respectives, pour mieux démultiplier les atouts de chacun
et en déduire une configuration territoriale optimale pour le Sud Ardèche.
Car le principal défi auquel nous sommes aujourd’hui confronté
est bel et bien un défi d’organisation territoriale : Comment
insérer la composante contractuelle « PAYS » dans le maillage
territorial actuel, lequel se situe d’ores et déjà à
deux niveaux :
Une intercommunalité « supra cantonale » de développement
durable (cf. carte), elle-même déclinée en deux
niveaux :
Des procédures de développement à dimension « bassin
de vie » (les Contrats Globaux de Développement) ;
Un Parc Naturel Régional en démarrage (approche
de « massif »).
Une intercommunalité de proximité (cf. liste en annexe)
matérialisée par l’existence de 9 communautés de
communes, 15 SIVOM à vocation d’aménagement et 2 associations
de développement. Conformément au principe de subsidiarité,
ces structures assurent d’ailleurs la maîtrise d’ouvrage
de la plupart des opérations issues des procédures globales.
Ce schéma serait d’ailleurs amené à perdurer avec
la mise en place du Pays.
Partant de la complémentarité «
avant-pays » / « arrière-pays », tout en valorisant
les atouts respectifs de chacune des composantes territoriales, la mobilisation
de l’ensemble des forces vives locales autour de l’élaboration
concertée d’une charte de développement à horizon
de 10 ans doit ainsi pouvoir créer les conditions d’une prise
d’initiative stratégique à l’échelle de tout
le Sud du Département de l’Ardèche.